En librairie : Top Ten 4, Donjon Monster 9, Monster Allergy 6
En kiosque : Ultimates 11, Ultimate Fantastic Four 1
Bonne lecture !
Si vous vous intéressez un peu à la technique BD, les éditions Eyrolles ont sorti un manuel sur le sujet : Colorisation de BD. Néophyte en la matière mais toujours intéressé par ce qui tourne autour de la BD, c'est avec intérêt que je m'y suis plongé.
Ecrit par deux professionnels, Stéphane Baril et Naïts, ce bouquin n'est pas un ouvrage du style "Comment on fait une BD : la couleur" destiné aux amateurs, mais bien un guide très technique pour ceux qui veulent en faire leur profession. Après un rapide survol de la colorisation classique, c'est la colorisation informatique qui est abordée et expliquée en détails, l'ouvrage se terminant sur les aspects plus "monde de l'édition" (avec des témoignages de pro). J'avoue avoir passé cette dernière partie, étant peu intéressé.
Même si ma lecture n'a pas été linéaire à cause de la technicité qui me dépassait un peu parfois (vaut mieux connaître Photoshop pour tout piger), j'ai apprécié le didactisme du bouquin et cela m'a permis d'appréhender un peu mieux le boulot de ces "travailleurs de l'ombre" :-). Pour tout dire, ça m'a même donné envie de m'y essayer. Dès que j'ai un moment je mets en couleur tout Sin City, juste pour le fun. Ou Nausicaä, peut-être. Enfin, un truc simple, quoi.
Donc si vous connaissez quelqu'un qui pense encore que coloriser une BD, c'est juste mettre de la couleur dans les trous, mettez-lui ce bouquin sous les yeux. Et pour les autres, c'est un bon moyen de découvrir un côté assez méconnu, je pense, du monde de la bande dessinée.
Bonne lecture !
Fan du petit gaulois depuis ma plus tendre enfance, c'est avec peine que j'assiste depuis quelques années à la zombification d'Astérix (quelqu'un qui est mort et qui bouge encore, c'est bien un zombie, non ?).
J'avais lu, il y a quelques temps, une interview où Uderzo prévenait, à propos du tome 33 : "attention, ça va être un peu baroque et ça risque de ne pas plaire".
Ouch ! C'était peu dire.
D'habitude, j'aime bien les mélanges (quand c'est bien fait, naturellement), mais mettre des extra-terrestres dans cette série, c'est plus que la dénaturer, c'est la trahir. Les dits extra-terrestres n'étant, en sus, que des métaphores pour illustrer la "résistance" du gentil Walt Disney contre l'invasion des méchants mangas. On passera sur les clichés véhiculés par ces ridicules caricatures, qui n'ont comme résultat que de pointer l'état d'esprit quelque peu réactionnaire de l'auteur.
Le plus étonnant dans cet album, c'est la lucidité incroyable des personnages qui clament à plusieurs reprises que "cette histoire est grotesque". Seul élément positif, d'ailleurs, de personnages que l'on ne reconnait plus (tel cet Astérix colérique et prompt à la violence gratuite).
Bref, on referme l'album le coeur serré, comme lorsque l'on vient de perdre un ami, et en se demandant qu'est-ce que cela pouvait bien raconter. Car, cela n'est plus une surprise depuis Latraviata, il n'y a pas le moindre petit bout d'atome d'histoire là-dedans.
J'aimerais qu'on puisse faire avec certains auteurs de BD comme avec les parents indignes : les déchoir de leur paternité !
Ce qui m'épate (et me désole), c'est que plus les albums sont mauvais, plus ils se vendent (peut-être serais-je démenti cette fois, les piles n'ont pas l'air de descendre très vite dans les magasins).
Le double effet Kiss Cool, c'est que vu sa popularité, le petit gaulois atteint un public de non-bédéphiles qui lorsqu'ils lisent ces tant vantés, et pourtant consternantes, aventures ont vite fait de rejetter le média tout entier au rang de conneries pour gamins.
En tout cas, de la part d'Uderzo, intituler son album "Le ciel lui tombe sur la tête", c'est un bel aveu.
Dans la série "Il s'est passé des choses pendant que j'hibernais", il y a encore un bouquin que j'ai oublié de signaler ici (pourtant chroniqué sur LeFantastique.net) : L'Hypothèse du Lézard (paru aux Moutons Electriques). Outre la nouvelle éponyme du Maître, vous y trouverez une multitude d'études, d'interviews et d'articles sur l'oeuvre d'Alan Moore.
Si comme moi, vous appréciez ses scénarios géniaux et grandioses (non, non, je n'en fais pas trop), vous devez vous précipiter sur cette bible. On y apprend une foultitude de choses qui, entre autres, permettent parfois d'apprécier ses livres sous un autre angle. Saviez-vous, par exemple, que son Batman intitulé The Killing Joke ("Rire et Mourir" en français, chez Delcourt), encensé par la critique et les fans, est pour lui l'une de ses plus mauvaises productions ?
Bref, ce livre est indispensable dans la bibliothèque de tout bon amateur de BD (et pour les snobs anglophiles : ne cherchez pas, ce livre n'existe pas en anglais, ce n'est pas une traduction mais une production 100% française) aux côtés des intégrales de Watchmen, de V pour Vendetta, de From Hell, de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires, etc...
Comme on a la chance d'avoir quasiment toute la production de Moore disponible en français (et en éditions souvent luxueuses), ce serait dommage de passer à côté de cette cerise sur le gâteau.
Et, en remontant encore de quelques mois dans le passé, j'espère que vous n'êtes pas passé à côté du coffret des Editions USA contenant l'intégrale de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires. Je ne sais pas s'il est encore disponible. Encore une fois, c'est une production française, sans équivalent anglo-saxon. La boîte contient donc les deux mini-séries (mais le coffret peut aussi s'acheter sans ces deux livres, pour ceux qui les avaient déjà), le DVD du film (Beurk !!!) et un tome regroupant tous les articles de l'Almanach du voyageur, qui étaient éparpillés dans les fascicules en VO. Ce dernier bouquin vaut à lui seul l'achat du coffret. Moore y raconte les aventures de Mina Murray et Alan Quatermain après leur départ de la Ligue. Si vous avez aimé le principe de reprendre des personnages de la littérature classique, ce récit devrait vous combler : on y croise un nombre incalculable de héros et de lieux issues d'oeuvres de fiction aussi diverses que les Voyages de Gulliver, Orlando, ou Oui-Oui. Le tout formant une trame parfaitement cohérente. Un délice !
Bon, allez, je m'en tiens là, sinon je vais faire dix pages sur Moore.
Bonne lecture !
Je l'ai déjà chroniqué pour Khimaira, mais je voulais le signaler ici aussi, car c'est un vrai coup de coeur. Plongez-vous dans le Starchild, de James Owen, paru aux éditions Kymera (rien à voir avec le magazine).
Lors du Concilium, rassemblement de conteurs prenant place tous les siècles, on doit désigner celui qui endossera le "Manteau" et héritera ainsi de fabuleux pouvoirs.
Cette histoire sur les histoires est une petite merveille comme on en voit trop rarement. Je ne veux pas paraphraser ce que j'ai déjà écrit (je vous renvoie à ma chronique citée ci-dessus), mais plutôt insister sur l'excellence de cet album. Si vous avez déjà la collection des Sandman dans votre bibliothèque, vous pouvez placer Starchild juste à côté, il ne dépareillera pas, ni sur le fond, ni sur la qualité.
A noter que l'auteur, James Owen, sera présent au festival de BD de Valenciennes, les 5 et 6 novembre.
Le ton très littéraire de ce comics n'est sans doute pas un hasard puisque Owen édite également un très bon (et très beau) prozine sur la littérature fantastique (en anglais uniquement) : Argosy. Mais pour avoir plus de renseignements à ce sujet, je vous renvoie au blog de mon pote Sneed qui ne manquera pas d'en parler un de ces quatre (n'est-ce pas ?).