Chroniques

Vendredi 8 octobre 2004
Tenez, voici quelques critiques de BD, sur LeFantastique.net, d'un mec que je connais bien...

En librairie : Top Ten 4, Donjon Monster 9, Monster Allergy 6
En kiosque : Ultimates 11, Ultimate Fantastic Four 1

Bonne lecture !


Par Raul Bregelias
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Jeudi 14 octobre 2004
Ce n'est pas une lecture récente, mais j'aimerais quand même en toucher deux mots.
J'avais découvert Craig Thompson avec Good-Bye, Chunky Rice, une histoire faussement gentillette et très mélancolique que j'avais beaucoup aimé. Et, il y a quelques mois, on m'a offert Blankets. Un pavé. Dans tous les sens du terme.
Même si elle est très enjolivée (de l'aveu de l'auteur lui-même), cette histoire d'un premier amour est tout simplement magnifique. On a le droit, par la même occasion, à une plongée dans la société rurale catho de l'Amérique profonde (d'où est issu l'auteur), et on ne peut qu'être effaré par ce qui semble être un autre monde (ou une autre époque, du moins). C'est d'ailleurs très savoureux d'y songer en lisant son histoire courte sur Hellboy.
Quand je pense que Thompson est passé à Paris, et que j'ai loupé ça...
En attendant de vous procurer ce petit chef d'oeuvre, allez voir son site, c'est joli tout plein.
Et pour les anglophones, une interview intéressante.
Par Raul Bregelias
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Vendredi 15 octobre 2004
Je n'ai jamais été un grand fan de Jean-Jacques Goldman, mais ma moitié, si ! D'ailleurs, grâce (ou à cause, c'est comme on veut) à elle, j'ai eu l'occasion de me rendre compte que les paroles de ses chansons étaient plutôt sympas (chose qui m'était toujours passé à côté, puisque n'aimant pas la musique qui va avec). Apparemment, je ne suis pas le seul à m'en être aperçu, puisque Delcourt vient de sortir un livre mettant en BD quelques-unes de ses chansons.
Comme dans toute anthologie, il y a du bon et du moins bon. Certaines histoires, les plus réussies du lot à mon avis, sont des adaptations littérales, avec juste un petit quelque chose qui apporte une valeur ajoutée, un sens supplémentaire (Yoann, Léthurgie ou Dethan). D'autres sont plutôt "dans l'esprit".
Et il y a l'OVNI.
L'histoire de Vatine. Qui n'a strictement aucun, mais alors aucun, rapport avec la chanson qu'elle est sensée illustrer (hormis UN mot du titre). Ou alors, quelque chose m'a échappé. Mystère.
En tout cas, j'ai pris plaisir à la lecture de ce bouquin. Alors si vous connaissez un(e) fan de Goldman, c'est une idée de cadeau.
Chansons pour les Yeux, que ça s'appelle.
Pour ma part, je n'aime toujours pas sa musique.

Par Raul Bregelias
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Mardi 18 janvier 2005
Je viens de lire le dernier Valérian, Au Bord du Grand Rien (personnellement, j'aurais plutôt appelé ça Au Milieu du Grand n'Importe Quoi, mais bon), de Christin et Mézières, édité chez Dargaud.
Je suis plutôt fan de Valérian et de son univers SF comico-poétique, Galaxity, les Mille Planètes, Point Central, les Shingouz, les personnages étranges et un peu paumés qui le peuplent, les tribulations de Valérian, puis Laureline qui, invariablement, finit par lui sauver la mise... Un univers de BD qui, certes, ne révolutionne pas le genre, mais m'a procuré des heures de lecture et d'évasion.
Alors, quand on lit le dernier tome (et j'englobe ici également les 2-3 tomes parus précédemment), on a presque envie de pleurer.
L'histoire (enfin, le squelette de synopsis) de cet album s'empêtre dans les péripéties d'une pseudo-enquête pour retrouver la Terre. On y croise des personnages ridicules s'adressant les uns aux autres à travers des dialogues se voulant drôles mais ne réussissant qu'à être lourdingues, et vivant des situations pathétiques qui, visiblement, ne servent qu'à remplir le quota de pages pour faire un album, le tout enveloppé dans des concepts science-fictifs grotesques digne des vieux Flash Gordon (le charme désuet en moins). Cerise sur le gâteau de l'irritation, depuis la parution des Habitants du Ciel (ouvrage que j'adore), les auteurs ont la fâcheuse manie de nous resservir à tout bout de champ les bestioles qui y apparaissent. On pourra dire que c'est pour donner une cohérence à l'ensemble, moi j'y vois surtout une forme de paresse de l'auteur se reposant sous ses lauriers.
Franchement, des débutants auraient proposés cet album, je suis persuadé qu'on les aurait envoyés paître.
On nous annonce, sur la couverture, que c'est le dernier cycle de la série. J'attendais autre chose comme chant du cygne. Peut-être que les tomes suivants rattraperont la sauce, on peut toujours rêver... Valérian rapporte-t-il donc autant de pognon pour qu'on prolonge ainsi son calvaire (et celui du lecteur) au lieu d'une exécution propre et sans cicatrices ? Quel dommage de voir que le syndrome Astérix est contagieux...


Articles Wikipédia : Valérian, Jean-Claude Mézières, Pierre Christin

Par Raul Bregelias
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Jeudi 3 mars 2005
Suite à une fausse manoeuvre dans son processus de téléportation, Cyann se retrouve en bien mauvaise posture sur le monde d'Aldaal. Incapable de repartir par ses propres moyens, elle devra, pendant quelques temps, partager le quotidien d'une jeune femme nommée Aïeïa. Notre voyageuse découvrira alors la vie étrange des habitants de ce monde et devra percer tous ses secrets afin d'espérer reprendre son voyage dans les étoiles. Ce faisant, une relation de haine et d'amitié s'établira entre Cyann et Aïeïa.

Après de longues années d'attente depuis le tome 2 (et de gros déboires des auteurs avec leur ancien éditeur), voici enfin la suite des aventures de Cyann, aux éditions Vents d'Ouest. Le début de cette histoire sonne un peu comme une anecdote, avec cette erreur d'aiguillage, et l'on suppose un album de transition, sans réelles répercussions sur le reste de la série. Mais rien n'est moins vrai, et l'on découvrira, au fur et à mesure de la lecture, qu'il ne s'agit que du prologue à une nouvelle saga. Malgré tout, l'intérêt majeur de ce tome (comme les deux premiers d'ailleurs) ne réside pas dans le scénario, mais bien dans la description pittoresque des habitants du monde d'Aldaal, de leurs coutumes et du fonctionnement de leur société. Les détails fourmillent, parfois seulement esquissés, les auteurs évitant l'écueil d'un lourd didactisme ethnologique. Majestueusement servi par le dessin "naturaliste" de Bourgeon, on navigue ici loin de l'ambiance héroïque et clinquante souvent de mise dans la BD de science-fiction. La psychologie des personnages n'est pas en reste, les auteurs nous présentant la relation (et l'évolution) des deux héroïnes de façon très crédible et même, parfois, émouvante. Cyann devient de plus en plus sympathique et Aïeïa, malgré sa rudesse, apparaît finalement très touchante.

Voici donc un excellent planet-opera qui ravira (si l'on veut jouer au jeu des affinités) les amateurs de la série "Les Mondes d'Aldébaran" de Léo. Espérons que nous n'aurons pas à attendre le tome 4 de nombreuses années.

Le cycle de Cyann T3 - Aïeïa d'Aldaal (de Bourgeon et Lacroix, aux éditions Vents d'Ouest)

Articles Wikipédia : Cycle de Cyann, François Bourgeon, Claude Lacroix, Vents d'Ouest, planet-opera, Les Mondes d'Aldébaran, Léo

Par Raul Bregelias
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Lundi 4 avril 2005
Critiques récentes (par ma pomme) sur LeFantastique.net :

- Bone T11 - La Couronne d'Aiguilles : Excellent.
- Aspen Comics #1 : Sympatoche.
- Alias T5 : Grandiose.
- Marvel Mega #19 - Secret War : Très bon.
- Thor Vikings - Rendez-vous au Valhalla : A vomir !


Par Raul Bregelias
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Mercredi 18 mai 2005

Si vous vous intéressez un peu à la technique BD, les éditions Eyrolles ont sorti un manuel sur le sujet : Colorisation de BD. Néophyte en la matière mais toujours intéressé par ce qui tourne autour de la BD, c'est avec intérêt que je m'y suis plongé.
Ecrit par deux professionnels, Stéphane Baril et Naïts, ce bouquin n'est pas un ouvrage du style "Comment on fait une BD : la couleur" destiné aux amateurs, mais bien un guide très technique pour ceux qui veulent en faire leur profession. Après un rapide survol de la colorisation classique, c'est la colorisation informatique qui est abordée et expliquée en détails, l'ouvrage se terminant sur les aspects plus "monde de l'édition" (avec des témoignages de pro). J'avoue avoir passé cette dernière partie, étant peu intéressé.
Même si ma lecture n'a pas été linéaire à cause de la technicité qui me dépassait un peu parfois (vaut mieux connaître Photoshop pour tout piger), j'ai apprécié le didactisme du bouquin et cela m'a permis d'appréhender un peu mieux le boulot de ces "travailleurs de l'ombre" :-). Pour tout dire, ça m'a même donné envie de m'y essayer. Dès que j'ai un moment je mets en couleur tout Sin City, juste pour le fun. Ou Nausicaä, peut-être. Enfin, un truc simple, quoi.
Donc si vous connaissez quelqu'un qui pense encore que coloriser une BD, c'est juste mettre de la couleur dans les trous, mettez-lui ce bouquin sous les yeux. Et pour les autres, c'est un bon moyen de découvrir un côté assez méconnu, je pense, du monde de la bande dessinée.
Bonne lecture !

 

Par Raul Bregelias
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Samedi 29 octobre 2005

Fan du petit gaulois depuis ma plus tendre enfance, c'est avec peine que j'assiste depuis quelques années à la zombification d'Astérix (quelqu'un qui est mort et qui bouge encore, c'est bien un zombie, non ?).
J'avais lu, il y a quelques temps, une interview où Uderzo prévenait, à propos du tome 33 : "attention, ça va être un peu baroque et ça risque de ne pas plaire".
Ouch ! C'était peu dire.
D'habitude, j'aime bien les mélanges (quand c'est bien fait, naturellement), mais mettre des extra-terrestres dans cette série, c'est plus que la dénaturer, c'est la trahir. Les dits extra-terrestres n'étant, en sus, que des métaphores pour illustrer la "résistance" du gentil Walt Disney contre l'invasion des méchants mangas. On passera sur les clichés véhiculés par ces ridicules caricatures, qui n'ont comme résultat que de pointer l'état d'esprit quelque peu réactionnaire de l'auteur.
Le plus étonnant dans cet album, c'est la lucidité incroyable des personnages qui clament à plusieurs reprises que "cette histoire est grotesque". Seul élément positif, d'ailleurs, de personnages que l'on ne reconnait plus (tel cet Astérix colérique et prompt à la violence gratuite).
Bref, on referme l'album le coeur serré, comme lorsque l'on vient de perdre un ami, et en se demandant qu'est-ce que cela pouvait bien raconter. Car, cela n'est plus une surprise depuis Latraviata, il n'y a pas le moindre petit bout d'atome d'histoire là-dedans.
J'aimerais qu'on puisse faire avec certains auteurs de BD comme avec les parents indignes : les déchoir de leur paternité !

Ce qui m'épate (et me désole), c'est que plus les albums sont mauvais, plus ils se vendent (peut-être serais-je démenti cette fois, les piles n'ont pas l'air de descendre très vite dans les magasins).
Le double effet Kiss Cool, c'est que vu sa popularité, le petit gaulois atteint un public de non-bédéphiles qui lorsqu'ils lisent ces tant vantés, et pourtant consternantes, aventures ont vite fait de rejetter le média tout entier au rang de conneries pour gamins.

En tout cas, de la part d'Uderzo, intituler son album "Le ciel lui tombe sur la tête", c'est un bel aveu.

Par Raul Bregelias
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Lundi 31 octobre 2005

Dans la série "Il s'est passé des choses pendant que j'hibernais", il y a encore un bouquin que j'ai oublié de signaler ici (pourtant chroniqué sur LeFantastique.net) : L'Hypothèse du Lézard (paru aux Moutons Electriques). Outre la nouvelle éponyme du Maître, vous y trouverez une multitude d'études, d'interviews et d'articles sur l'oeuvre d'Alan Moore.
Si comme moi, vous appréciez ses scénarios géniaux et grandioses (non, non, je n'en fais pas trop), vous devez vous précipiter sur cette bible. On y apprend une foultitude de choses qui, entre autres, permettent parfois d'apprécier ses livres sous un autre angle. Saviez-vous, par exemple, que son Batman intitulé The Killing Joke ("
Rire et Mourir" en français, chez Delcourt), encensé par la critique et les fans, est pour lui l'une de ses plus mauvaises productions ?
Bref, ce livre est indispensable dans la bibliothèque de tout bon amateur de BD (et pour les snobs anglophiles : ne cherchez pas, ce livre n'existe pas en anglais, ce n'est pas une traduction mais une production 100% française) aux côtés des intégrales de
Watchmen, de V pour Vendetta, de From Hell, de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires, etc...
Comme on a la chance d'avoir quasiment toute la production de Moore disponible en français (et en éditions souvent luxueuses), ce serait dommage de passer à côté de cette cerise sur le gâteau.

Et, en remontant encore de quelques mois dans le passé, j'espère que vous n'êtes pas passé à côté du coffret des Editions USA contenant l'intégrale de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires. Je ne sais pas s'il est encore disponible. Encore une fois, c'est une production française, sans équivalent anglo-saxon. La boîte contient donc les deux mini-séries (mais le coffret peut aussi s'acheter sans ces deux livres, pour ceux qui les avaient déjà), le DVD du
film (Beurk !!!) et un tome regroupant tous les articles de l'Almanach du voyageur, qui étaient éparpillés dans les fascicules en VO. Ce dernier bouquin vaut à lui seul l'achat du coffret. Moore y raconte les aventures de Mina Murray et Alan Quatermain après leur départ de la Ligue. Si vous avez aimé le principe de reprendre des personnages de la littérature classique, ce récit devrait vous combler : on y croise un nombre incalculable de héros et de lieux issues d'oeuvres de fiction aussi diverses que les Voyages de Gulliver, Orlando, ou Oui-Oui. Le tout formant une trame parfaitement cohérente. Un délice !

Bon, allez, je m'en tiens là, sinon je vais faire dix pages sur Moore.
Bonne lecture !

Par Raul Bregelias
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Mercredi 2 novembre 2005

Je l'ai déjà chroniqué pour Khimaira, mais je voulais le signaler ici aussi, car c'est un vrai coup de coeur. Plongez-vous dans le Starchild, de James Owen, paru aux éditions Kymera (rien à voir avec le magazine).
Lors du Concilium, rassemblement de conteurs prenant place tous les siècles, on doit désigner celui qui endossera le "Manteau" et héritera ainsi de fabuleux pouvoirs.
Cette histoire sur les histoires est une petite merveille comme on en voit trop rarement. Je ne veux pas paraphraser ce que j'ai déjà écrit (je vous renvoie à ma chronique citée ci-dessus), mais plutôt insister sur l'excellence de cet album. Si vous avez déjà la collection des
Sandman dans votre bibliothèque, vous pouvez placer Starchild juste à côté, il ne dépareillera pas, ni sur le fond, ni sur la qualité.
A noter que l'auteur, James Owen, sera présent au
festival de BD de Valenciennes, les 5 et 6 novembre.
Le ton très littéraire de ce comics n'est sans doute pas un hasard puisque Owen édite également un très bon (et très beau) prozine sur la littérature fantastique (en anglais uniquement) :
Argosy. Mais pour avoir plus de renseignements à ce sujet, je vous renvoie au blog de mon pote Sneed qui ne manquera pas d'en parler un de ces quatre (n'est-ce pas ?).


Par Raul Bregelias
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